Projet European Green Way

Un site guide de 3ème génération dédié à l’imprimeur lyonnais Charles Estienne, inventeur du guide touristique.

D’Ostende à Rome, un même passé et un avenir touristique à partager. La Nazionale Uno ou la Via Aurelia

Sur cette route du soleil que l’on emprunte avec le secret espoir de découvrir un pays où les gens ont la sympathique réputation de prendre plus de temps pour vivre… Une route que l’on parcourt le cœur en fête avec l’idée que l’on n’épuisera jamais les ressources de cette terre sans fin – ses arts, ses paysages, sa langue, sa gastronome, son histoire… L’Italie, un pays de cocagne qui fait souvent rêver et qui s’étale là, langoureusement, au bord de la Méditerranée, entre Menton et Rome, le long de la Nazionale Uno, la plus célèbre des routes nationales italiennes, dont l’histoire, toujours présente dans ce pays, nous rappelle qu’elle a été le point de départ de l’axe « civilisationnel » et gastronomique reliant Rome à Ostende en passant par Menton.

C’est, en effet, de Rome que se sont élancées les premières Légions romaines à la conquête de l’Europe. Elles y ont apporté, manu militari certes, les trésors de la civilisation romaine avec ses infrastructures, son administration et même son art de vivre, faisant notamment découvrir la culture de la vigne et du vin à d’autres peuplades qui ont bien appris depuis…

Pour ce faire, les Romains ont emprunté la Via Aurelia ou Voie Aurélienne, qui est le nom donné à la grande voie romaine de la côte méditerranéenne de l’Italie romaine et de l’ancienne Gaule. Elle a été mise en œuvre au milieu du 3ème siècle avant J-C. par le consul Caïus Aurelius Cotta. Elle a été ensuite plusieurs fois prolongée. D’abord jusqu’en Ligurie en passant par Gênes par le consul Emilius. Puis après sa victoire sur les peuples des Alpes-Maritimes, l’empereur Auguste lui a fait franchir l’actuelle frontière pour entrer en Gaule, 13 ans avant J-C., constituant ainsi l’un des axes les plus importants de l’Empire romain.

Sa construction a été d’une importance stratégique considérable. Car jusque là, pour joindre Rome à l’Hispanie, il y avait obligation de passer plus au nord, par le col de Montgenèvre. La soumission de ces peuples rebelles a donc permis de raccourcir le trajet en temps et en distance, en passant par des zones plus praticables, sans réelle difficultés de circulation.

On raconte que grâce à la Voie Aurélienne, Jules César a pu se rendre de Rome à Arles avec son escorte en 8 jours, et de se rendre de Rome en Hispanie avec son armée en 27 jours !

Et que la poste romaine pouvait assurer la régularité du courrier en parcourant 70 kilomètres par jours avec 4 changements de cheval !

La Via Aurelia correspond dans sa majeure partie à la Nazionale Uno, qui après Rome traverse les villes de Civitavecchia, Pisa, Luca, Viareggio, Genova, Savona, San Remo. Après Vintimille, elle passe par La Turbie (où est posée la première balise « N7 Route de légende » lieu d’édification du « Trophée Auguste », un monument célébrant la victoire de l’Empereur romain sur les dernières peuplades rebelles des Alpes… Elle contourne ensuite Nice par Cimiez, sur les vestiges de l’ancienne capitale des Ligures, Verdiantii….

De là, elle file, en passant par Salon-de-Provence, jusqu’à Saint-Gabriel qui était alors le plus gros nœud routier de la Gaule romaine, aux confluents de la Via Domitia, la voie domitienne qui allait vers l’Espagne et la Via Agrippa qui était l’axe Rome - Boulogne-sur-Mer. La via Aurelia s’arrête elle à la porte d’Auguste à Arles, suivie en parallèle par un aqueduc acheminant dans la ville l’eau des Alpes.

Les routes actuelles, comme c’est souvent le cas, se superposent ou passent à proximité du tracé antique. C’est le cas, surtout, de la route Nationale 7 jusqu’à Salon-de-Provence.

La Nazionale Uno est donc une route mythique au passé chargé d’histoire… et au charme indéniable avec ses nombreuses trattorias qui, tout au long de cette route du soleil, vont vous faire découvrir les délices de la cuisine ligure, puis toscane et enfin celle du Latium, la province de Rome.

André Baudin
Délégué Menton-Monaco-Rome pour le projet European Green Way et pour l’International Legendary Roads Union.

Journaliste et écrivain « du Sud », André Baudin a exercé dans plusieurs grands journaux méditerranéens (Le Provençal, Nice-Matin, Var Matin), dirigé une radio (Radio Maritima) et assuré la rédaction en chef de la revue Art Sud. Comme écrivain, il est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages : L’énergie du succès, Editions Reuille, 1992 ; Le Mondial Bleu, Autres temps, 1999 ; Le séisme marseillais, La Table Ronde, 2000 ; Le syndrome Tapie, Ramsay, 2002 ; Légendes du cyclisme provençal, Editions Transbordeurs, 2003 ; Massoud l’esthète et l’architecte, Editions Transbordeurs, 2003 ; L’épopée incertaine, Editions Transbordeurs, 2006 ; Traversées, Bleu Outre-Mers, 2006 ; Architecture et citoyenneté, Editions Transbordeurs, 2007 ; Venise, Editions Transbordeurs, 2008 ; Saltimbanque, L’harmattan, 2011 ; Une histoire populaire de la Côte d’Azur, Les Amis de la Liberté, 2012.

 


André Baudin
Délégué Menton-Monaco-Rome pour le projet European Green Way et pour l’International Legendary Roads Union.